« On a la meilleure famille du monde, on a mangé des pizzas, ils sont trop gentils et ils ont un fils dans l’équipe de Valras ! ». « C’est incroyable, ils ont une voiture immense et une maison toute neuve ». « Il y a une salle de bain vert fluo et quatre lits dans une chambre avec de la moquette et de la place pour toutes nos valises ». Quel enthousiasme ! Tout juste s’ils prennent le temps de respirer pour narrer leur émerveillement, au cas où des détails viendraient à s’échapper ! Vous l’aurez compris, vos enfants sont contents de leurs familles respectives, même si le mélange rhubarbe-crème anglaise en a surpris certains, même si d’autres doivent composer avec des enfants intrusifs, dormir sur des lits à ressorts ou réfréner leur envie de rangement. Nous sommes donc ravies. La journée commence bien, d’autant que tous ont su profiter de la nuit pour regonfler les batteries, que leurs petites joues ont repris des couleurs décentes et que le soleil brille de mille feux sur Stratford.
Balade matinale sur les bords de l’Avon, où l’on enrichit ses connaissances aviaires en découvrant que les cygnes ont des pattes et où l’on se demande pourquoi les canards se tordent la tête. Puis, première session de shopping en attendant que la maison de Shakespeare ouvre ses portes. Magnets, chaussettes, peluches, porte-clés, etc. Stratford, c’est le paradis du souvenir. Vous allez être gâtés ! Mais, jamais le jeune, quelle que soit l’heure, n’oublie son estomac, et le glacier ambulant, qui a bien su où poser sa carriole, fait sans conteste son chiffre d’affaires du jour… au beau milieu de la matinée. 10 heures : nous poussons la porte de la maison natale du dramaturge. On déambule de pièce en pièce, on comprend ce que l’on peut, on pose parfois même des questions en anglais, on se prélasse dans le jardin au milieu des fleurs aussi colorées qu’odorantes, on complète studieusement son livret et on finit, à la sortie, après l’immanquable tour à la boutique dédiée au Géant du théâtre, par demander : « Mais, c’est qui Shakespeare ? ». L’enseignant aguerri ne s’offusque même plus. Grrrr quand même !
Après-midi à Warwick Castle, un superbe château médiéval, qui en impose tant par ses dimensions que par sa robustesse. Nous avons alors la chance de pouvoir assister au « Falconer’s Quest Show », un spectacle de fauconnerie sacrément impressionnant, au cours duquel il faut néanmoins apprécier de se faire décoiffer par des rapaces volant à mille à l’heure, bec en avant et toutes serres dehors ; or, si l’élégance des oiseaux et la qualité du dressage suscitent unanimement l’admiration, les petits exercices de basse altitude, ou de rase-crânes, ne sont pas l’affaire de tous – et ce quel que soit l’âge !
Retour à Stratford à une heure décente. Nos ados vont pouvoir profiter des familles plus longuement que la veille. Ils trépignent d’impatience et se jettent hors du bus avec un engouement des plus plaisants. Une belle journée, vraiment.










































